Les erreurs de débutant en hypnose ericksonienne (et comment les éviter)

séance d'hypnose Ericksonienne

On arrive rarement à l’hypnose ericksonienne sans quelques idées préconçues. Des images de spectacle, peut-être. L’envie de bien faire, certainement. Et puis, assez vite, on se rend compte que cette approche ne fonctionne pas comme on l’imaginait, qu’elle demande autre chose que de la technique, autre chose que du contrôle.

C’est ce que Valérie Blanchard répète à chaque formation : l’hypnose n’est ni un tour de magie ni une recette à appliquer mécaniquement. C’est avant tout une rencontre, une posture, une façon d’être présent à l’autre. Et c’est précisément là que les débutants se trompent le plus souvent.

Les 6 erreurs de débutants normales et évitables grâce à la formation !

Erreur 1 : Vouloir tout maîtriser

Le premier réflexe, sans doute le plus tenace, consiste à croire qu’on doit « faire quelque chose » à la personne comme la guider, provoquer un état, orienter son expérience dans une direction précise. Or l’hypnose ericksonienne fonctionne à rebours de cette logique : l’état hypnotique, chacun le connaît déjà, il surgit naturellement plusieurs fois par jour, et le rôle du praticien n’est pas de l’imposer mais de créer les conditions pour qu’il émerge de lui-même.

Cela demande moins de contrôle et plus de lâcher-prise, moins de directives et plus d’observation attentive. Au début, cette posture déstabilise et on a l’impression de ne rien faire, de rester passif. Pourtant, c’est souvent dans cet espace de retrait apparent que tout commence véritablement.

  • Le piège : diriger ou forcer le processus.
  • ✔️ La clé : observer, écouter, et faire confiance au rythme de l’autre.

Erreur 2 : Oublier que la relation prime sur la technique

Milton Erickson possédait cette capacité rare de rejoindre chaque patient dans son propre monde, sans méthode standardisée, sans script préétabli, simplement par une écoute profonde et une adaptation constante à ce qui se présentait. (Et c’est bien pour ça que son enseignement est la base de nos formations en hypnose ericksonienne)

Les débutants, eux, ont tendance à se raccrocher aux outils comme à une bouée : quelle induction utiliser ? Quelle métaphore proposer ? Comment formuler telle suggestion pour qu’elle soit efficace ? Ces questions ont leur place, bien sûr, mais elles viennent après l’essentiel, à savoir la qualité du lien qui se tisse entre le praticien et la personne accompagnée.

Quelqu’un qui se sent compris, accueilli et respecté entre naturellement dans un espace de confiance et c’est cet espace qui rend l’hypnose possible, bien plus que la technique elle-même.

  • Le piège : se focaliser sur les outils au détriment de la présence.
  • ✔️ La clé : cultiver l’écoute active et la qualité du lien avant tout.

Erreur 3 : Confondre la scène et le cabinet

L’hypnose de spectacle fascine et impressionne, mais elle n’a presque rien à voir avec l’hypnose thérapeutique. Sur scène, tout est rapide, direct, spectaculaire ; en cabinet, on travaille autrement. Le langage devient permissif, indirect, métaphorique, et chaque mot est choisi en fonction de la personne, de son histoire, de ses besoins spécifiques.

Reproduire des techniques de scène en séance d’accompagnement, c’est passer à côté de ce qui fait la richesse de l’approche ericksonienne : sa profonde individualisation, cette attention minutieuse portée à l’unicité de chaque être humain.

  • Le piège : importer des techniques spectaculaires en contexte thérapeutique.
  • ✔️ La clé : apprendre le langage permissif et adapter chaque séance à la personne.

Erreur 4 : Pratiquer seul trop longtemps

L’enthousiasme des débuts pousse parfois à vouloir avancer vite, à multiplier les séances, à expérimenter sans relâche. C’est une bonne énergie, mais sans supervision régulière, on risque de tourner en rond sans s’en apercevoir. Le regard extérieur d’un pair ou d’un superviseur permet de repérer ses angles morts, de questionner ses automatismes et de progresser en sécurité. L’analyse de pratique n’est pas un luxe réservé aux perfectionnistes : c’est une nécessité pour quiconque souhaite développer une pratique solide et éthique.

  • Le piège : avancer sans retour extérieur.
  • ✔️La clé : intégrer des temps réguliers de supervision et d’échanges entre pairs.

Erreur 5 : Promettre plus qu’on ne peut tenir

Quand on découvre la puissance de l’hypnose, une tentation naturelle consiste à vouloir tout résoudre, tout prendre en charge, parfois même à garantir des résultats. C’est une erreur qui peut coûter cher, tant au praticien qu’à la personne accompagnée. L’hypnose ericksonienne s’inscrit dans un cadre éthique clair où l’on ne promet pas, où l’on accompagne avec humilité, où l’on reconnaît ses limites et où l’on sait orienter vers un autre professionnel quand la situation l’exige.

  • Le piège : sortir de son champ de compétence ou garantir des résultats.
  • ✔️ La clé : poser un cadre clair et savoir passer le relais quand c’est nécessaire.

Erreur 6 : Chercher la bonne technique plutôt que la bonne posture

La dernière erreur est peut-être la plus subtile : croire qu’il existe quelque part une formule magique, un script parfait, une métaphore universelle qui fonctionnerait à tous les coups. En réalité, ce qui fait une bonne séance relève rarement de la perfection technique. C’est la qualité de présence, la capacité d’adaptation, le respect sincère de l’autre qui créent les conditions du changement. L’hypnose fonctionne quand la personne se sent suffisamment en sécurité pour explorer ce qui lui appartient et le reste suit naturellement.

  • Le piège : chercher la formule parfaite.
  • ✔️ La clé : travailler sa posture, son écoute et sa capacité d’adaptation.

Ces erreurs font partie du chemin et ne constituent pas des échecs, mais des étapes nécessaires. En les reconnaissant et en les traversant, on pose les bases d’une pratique plus juste, plus ancrée, véritablement au service de l’humain. C’est tout le propos de notre formation en hypnose ericksonienne : on vous apprend à pratiquer, à tester, à vous tromper. On vous guide car les erreurs sont nos meilleures amies pour devenir de meilleurs praticiens, plus humains.

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